OneLife Luxembourg : notre avis 2026 sur son assurance vie luxembourgeoise

OneLife est l’un des noms qui reviennent le plus souvent lorsque l’on compare les compagnies d’assurance vie luxembourgeoise. Filiale du groupe APICIL, la compagnie s’adresse à une clientèle patrimoniale internationale, avec des contrats multi-supports, des fonds dédiés et une portabilité pensée pour les expatriés. Dans cet avis, nous passons en revue ce que propose réellement OneLife : son cadre de protection, ses supports d’investissement, ses frais, son ticket d’entrée et les points de vigilance à examiner avant de souscrire. Nous précisons d’emblée un point que beaucoup de comparatifs omettent : la sécurité juridique luxembourgeoise protège vos actifs en cas de défaillance de l’assureur, elle ne protège pas contre le risque de perte en capital lié aux marchés.

OneLife en bref : la carte d’identité de la compagnie

Avant d’entrer dans le détail des contrats, voici les éléments structurants de la compagnie, tels qu’elle les communique publiquement.

Création1991
Groupe d’appartenanceGroupe APICIL, depuis 2019
Pays d’établissementGrand-Duché de Luxembourg
Autorité de contrôleCommissariat aux Assurances (CAA), Luxembourg
EffectifPlus de 170 collaborateurs
Marchés couvertsNeuf marchés européens (dont France, Belgique, Portugal, pays nordiques)
Clientèle viséePatrimoniale et internationale : expatriés, multirésidents, chefs d’entreprise, familles
Supports proposésFonds externes, fonds internes dédiés (FID), fonds d’assurance spécialisés (FAS), fonds internes collectifs (FIC)
Sources : communication institutionnelle de OneLife et du groupe APICIL. Les chiffres d’encours et d’effectifs évoluent : vérifiez les données les plus récentes auprès de la compagnie avant toute décision.

OneLife en chiffres : ce que dit son rapport réglementaire

Peu de comparatifs le font, alors que l’information est publique et officielle : chaque assureur vie luxembourgeois publie chaque année un rapport sur la solvabilité et la situation financière (SFCR), et le CAA en tient un registre SFCR du Commissariat aux Assurances avec le lien direct vers le document de chaque compagnie. C’est la seule source qui décrit l’entité qui émet réellement votre contrat — et non son groupe. Voici ce qu’elle dit de The OneLife Company S.A..

Ratio de solvabilité (SCR)140,6 % (139,4 % un an plus tôt)
Capital de solvabilité requis (SCR)205,2 millions d’euros
Total du bilan (Solvabilité II)10,85 milliards d’euros
Primes brutes émises1,30 milliard d’euros (1,27 milliard en 2024)
Résultat de l’exercice9,2 millions d’euros (16,4 millions en 2024)
Actionnariat100 % The OneLife Holding S.à r.l. (groupe APICIL)
Source : SFCR 2025 de The OneLife Company S.A., arrêté au 31 décembre 2025. Ces chiffres décrivent l’entité luxembourgeoise qui émet le contrat. Ils répondent au passage à une question que nous laissions ouverte faute de source fiable : les encours de la compagnie, que des sources secondaires situaient entre 7 et 9,5 milliards d’euros, ressortent à 10,85 milliards au bilan prudentiel.

Comment lire ces chiffres. Un ratio de solvabilité supérieur à 100 % signifie que la compagnie couvre son exigence réglementaire de fonds propres ; plus il est élevé, plus la marge est confortable. Deux précautions valent toujours : vérifier la date d’arrêté — un ratio se périme d’un exercice à l’autre — et s’assurer qu’il s’agit du ratio de l’entité émettrice, pas de celui de son groupe. Les deux peuvent différer du simple au double. Enfin, un ratio de solvabilité mesure la capacité de l’assureur à tenir ses engagements : il ne dit rien de la performance de vos supports, et ne protège pas du risque de perte en capital sur les unités de compte.

Le Triangle de Sécurité : ce qu’il protège, et ce qu’il ne protège pas

Comme toute compagnie agréée au Grand-Duché, OneLife place les contrats sous le régime du Triangle de Sécurité luxembourgeois. Ce dispositif, organisé par la loi luxembourgeoise sur le secteur des assurances et supervisé par le Commissariat aux Assurances, impose une séparation stricte entre trois acteurs : la compagnie d’assurance, la banque dépositaire et l’autorité de contrôle. Les actifs représentatifs de vos provisions techniques sont déposés auprès d’un établissement dépositaire agréé, sur des comptes distincts du patrimoine propre de l’assureur.

S’y ajoute le « super-privilège » : en cas de défaillance de la compagnie, les souscripteurs sont désignés créanciers de premier rang sur ces actifs, avant l’État et les autres créanciers. C’est une différence réelle avec le cadre français, où la protection repose sur un fonds de garantie plafonné par assuré.

Point essentiel, trop souvent passé sous silence. Le Triangle de Sécurité est une protection contre le risque de contrepartie, c’est-à-dire contre la défaillance de l’assureur. Il ne constitue en aucun cas :

  • une garantie du capital investi sur les unités de compte ;
  • une garantie de rendement, quel que soit le support choisi ;
  • une protection contre la baisse des marchés financiers ou l’illiquidité d’un actif non coté.

Autrement dit : votre contrat peut être parfaitement sécurisé sur le plan juridique et perdre de la valeur sur le plan financier. Nous détaillons le mécanisme complet dans notre analyse du Triangle de Sécurité luxembourgeois.

Les supports d’investissement disponibles chez OneLife

C’est le principal argument de l’assurance vie luxembourgeoise, et OneLife s’inscrit dans ce standard : l’architecture ouverte. Au-delà d’une large sélection de fonds externes, le contrat donne accès, selon votre profil, à des véhicules de gestion sur mesure :

  • Le FID (fonds interne dédié) : un portefeuille géré individuellement pour votre seul contrat, piloté par une société de gestion que vous choisissez avec votre conseiller.
  • Le FAS (fonds d’assurance spécialisé) : vous définissez vous-même l’allocation, sans mandat de gestion délégué, dans les limites réglementaires.
  • Le FIC (fonds interne collectif) : une allocation mutualisée entre plusieurs souscripteurs partageant le même profil.
  • Les actifs non cotés : private equity, dette privée, infrastructure, sous conditions d’éligibilité.

Cette souplesse a une contrepartie qu’il faut énoncer clairement : tous ces supports sont des unités de compte et présentent un risque de perte en capital. L’assureur garantit le nombre d’unités de compte, pas leur valeur. Les actifs non cotés ajoutent par ailleurs un risque de liquidité : ils peuvent être bloqués plusieurs années et se valoriser à des fréquences espacées, ce qui peut retarder un rachat. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Pour comprendre le fonctionnement de ces enveloppes, consultez notre guide FID, FAS et FIC en assurance vie luxembourgeoise.

Frais : les postes à examiner avant de signer

Les tarifs d’un contrat luxembourgeois ne sont pas standardisés : ils dépendent du contrat retenu, du montant investi, des supports sélectionnés et de la négociation menée par votre intermédiaire. Les ordres de grandeur ci-dessous correspondent à ce que l’on observe couramment sur le marché luxembourgeois ; ils ne constituent pas le tarif officiel de OneLife, que seules les conditions générales et le document d’informations clés (DIC) du contrat font foi.

Poste de fraisOrdre de grandeur observé sur le marchéCe qu’il faut vérifier
Frais d’entrée0 % à 5 %Poste le plus négociable. Un courtier peut les ramener à zéro.
Frais de gestion du contrat≈ 0,5 % à 1,5 % par anSouvent dégressifs selon l’encours.
Frais de gestion financière des supportsVariables selon les fondsS’additionnent aux frais de contrat : raisonnez en coût total.
Frais de banque dépositaire≈ 0,1 % à 0,3 % par anSpécifique au Luxembourg, absent des contrats français.
Frais de gestion du FIDSelon la société de gestion mandatéeÀ négocier séparément du contrat.
Fourchettes indicatives de marché, à confronter aux conditions générales et au DIC du contrat proposé.

Le seul chiffre qui compte réellement est le coût total annuel, frais de contrat et frais de supports cumulés : c’est lui qui érode la performance dans la durée. Notre article dédié aux frais d’une assurance vie luxembourgeoise détaille la méthode de comparaison.

Ticket d’entrée : à qui ce contrat s’adresse-t-il vraiment ?

Soyons directs : l’assurance vie luxembourgeoise est un produit haut de gamme, et OneLife ne fait pas exception. En pratique, l’accès aux contrats se situe généralement à partir de plusieurs centaines de milliers d’euros, et l’accès aux fonds dédiés (FID, FAS) est conditionné par des catégories d’investisseurs définies par le Commissariat aux Assurances, qui combinent le montant de la prime versée et le patrimoine financier global du souscripteur. Plus votre catégorie est élevée, plus l’univers d’investissement s’élargit.

Ce ticket d’entrée est le premier filtre, et c’est souvent celui qui tranche la question : en dessous de ce seuil, un bon contrat français reste généralement plus pertinent, à frais moindres. Nous avons chiffré ces seuils dans notre article sur le montant minimum pour ouvrir une assurance vie au Luxembourg, et nous comparons les deux cadres dans assurance vie France ou Luxembourg.

Fiscalité : neutralité luxembourgeoise, imposition chez vous

Le Luxembourg applique le principe de neutralité fiscale : la compagnie ne prélève pas d’impôt à la source sur les contrats des non-résidents. La fiscalité applicable est celle de votre pays de résidence. Pour un résident fiscal français, le contrat OneLife est donc traité comme une assurance vie française.

Concrètement, en cas de rachat sur un contrat de plus de huit ans, l’administration fiscale prévoit un abattement annuel sur les gains de 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. Au-delà, les gains sont imposés à 7,5 % pour la fraction correspondant à des primes n’excédant pas 150 000 €, et à 12,8 % au-delà de ce seuil, apprécié tous contrats confondus. Avant huit ans, le taux est de 12,8 %. À cela s’ajoutent les prélèvements sociaux (source : impots.gouv.fr et service-public.gouv.fr).

Ces règles évoluent et leur application dépend de votre situation personnelle. Nous les détaillons dans nos guides sur la fiscalité de l’assurance vie luxembourgeoise pour un résident français, le rachat et la transmission. Si vous êtes expatrié ou susceptible de le devenir, la fiscalité de votre pays d’accueil doit être analysée avant la souscription : c’est précisément là que la portabilité du contrat luxembourgeois prend sa valeur.

Notre avis sur OneLife : points forts et points de vigilance

Points fortsPoints de vigilance
Adossement à un groupe de protection sociale français solide (APICIL), ce qui facilite la relation depuis la France.Ticket d’entrée élevé, qui écarte de fait une partie des épargnants.
Architecture ouverte et accès aux fonds dédiés (FID, FAS, FIC) pour une gestion sur mesure.Coût total supérieur à un bon contrat français, en particulier en dessous de seuils d’encours significatifs.
Portabilité internationale réelle sur neuf marchés européens, utile pour les parcours d’expatriation.Complexité : les supports sur mesure supposent un accompagnement professionnel durable, pas une souscription ponctuelle.
Cadre de protection luxembourgeois (Triangle de Sécurité, super-privilège) et supervision du CAA.Risque de perte en capital sur l’ensemble des unités de compte, et risque de liquidité sur les actifs non cotés.

En synthèse, OneLife est une compagnie crédible et bien installée, dont l’intérêt se manifeste surtout dans deux cas : une mobilité internationale avérée ou envisagée, et une volonté de gestion sur mesure que les contrats français ne permettent pas. En dehors de ces deux situations, l’avantage face à un contrat français bien choisi devient beaucoup plus discutable.

OneLife face aux autres assureurs luxembourgeois

OneLife n’est pas seul sur ce marché, et le choix de la compagnie compte autant que celui du contrat : actionnariat, solidité, qualité de la banque dépositaire, réactivité du service de gestion, univers d’investissement accessible. Nous avons analysé les principaux acteurs dans des avis distincts : Wealins (groupe Foyer), Sogelife (groupe Société Générale), Cardif Lux Vie (BNP Paribas Cardif) et Utmost Luxembourg (ex-Lombard International). Notre comparatif du meilleur contrat d’assurance vie au Luxembourg les met en regard, et notre guide complet de l’assurance vie luxembourgeoise reprend l’ensemble du sujet.

À noter également : la plupart de ces compagnies, OneLife comprise, permettent d’adosser un crédit lombard au contrat. C’est un levier puissant, mais qui amplifie les pertes comme les gains et suppose d’accepter un appel de marge en cas de baisse des actifs nantis.

Un cas concret pour fixer les idées

Prenons la situation d’un dirigeant de 54 ans, résident fiscal français, qui vient de céder une partie de sa société et dispose de 800 000 € à replacer. Il envisage de s’installer au Portugal dans une dizaine d’années. Un contrat luxembourgeois se justifie ici pour deux raisons précises : la portabilité, qui lui évitera de racheter son contrat au moment du départ, et l’accès à une gestion dédiée capable d’intégrer une poche de non coté. En contrepartie, il doit accepter un coût total supérieur à un contrat français et l’immobilisation partielle de la poche non cotée. Le choix ne se joue donc pas sur le rendement espéré, mais sur l’adéquation entre l’enveloppe et sa trajectoire de vie. Exemple pédagogique fictif inspiré de situations réelles.

Quand j’accompagne des clients qui s’intéressent à l’assurance vie luxembourgeoise, la question posée est presque toujours « quel est le meilleur assureur ? ». C’est rarement la bonne. Dans les dossiers que nous instruisons, l’écart de résultat vient beaucoup plus souvent de la structure du contrat, du coût total réellement supporté et de la cohérence avec le projet patrimonial que du nom inscrit sur la police.

En pratique : comment avancer

  1. Vérifiez d’abord que votre situation justifie le cadre luxembourgeois : montant disponible, mobilité internationale, besoin de gestion sur mesure.
  2. Demandez systématiquement les conditions générales et le DIC du contrat, et faites chiffrer le coût total annuel, supports compris.
  3. Faites analyser l’impact fiscal dans votre pays de résidence actuel et futur avant de signer.
  4. Comparez au moins deux compagnies sur des critères identiques, plutôt que sur des classements généraux.

Notre cabinet est indépendant : nous ne sommes liés à aucune compagnie et nous instruisons chaque dossier à partir de votre situation, pas d’un contrat à placer. Si vous souhaitez savoir si un contrat luxembourgeois — chez OneLife ou ailleurs — a du sens pour vous, demandez votre étude gratuite : nous revenons vers vous sous 48 heures.


Cet article est publié à titre informatif par Invest’Aide (SASU, RCS Paris 892 754 763), Conseiller en Investissements Financiers enregistré auprès de l’ANACOFI (membre n° E009589) et courtier d’assurance immatriculé à l’ORIAS sous le n° 21001101, sous le contrôle de l’ACPR. Il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé ni une offre. Investir comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne présagent pas des performances futures. Les informations relatives à la compagnie OneLife proviennent de sa communication publique et sont susceptibles d’évoluer ; seules les conditions générales et le document d’informations clés du contrat font foi.

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